A la faveur d'un entretien à bâtons rompus vendredi dernier avec la presse sur la montée vertigineuse du grand banditisme dans nos villes et singulièrement à Conakry, le Directeur de la Sûreté Urbaine de la Capitale, le Commissaire divisionnaire de Police M. N'Fassory Camara entouré de ses proches collaborateurs a déclaré, que la Police Nationale Guinéenne est toujours restée une Police Nationale Républicaine; celle qui a toujours la ferme volonté et le sens hautement historique de servir loyalement les fils et les filles de notre pays sans distinction de race, de sexe, de religion encore moins d'autres considérations subjectives.
Notre ambition a été toujours de traquer les malfrats et les criminels à mains armées. Mais Hélas nous ne pouvons réellement agir que dans les limites de nos moyens aujourd'hui plus que dérisoires voire inexistants.
Pire dans toutes nos maisons de détention, l'on ne retrouve pour la plupart que des «repris» de justice. Autrement dit un bandit ou un assassin que vous avez arrêté en Janvier et déféré dans les règles de l'art, est celui là qui viendra vous saluer une semaine après; comme pour dire que le malfaiteur ou le criminel en Guinée est au dessus de la loi a souligné. Le Directeur de la
Sécurité Urbaine de Conakry.
Pour illustrer cette pratique devenue monnaie courante, N'Fassory Camara révèle que les trois assassins arrêtés et écroués l'année dernière par la Police pour meurtre à Boké se seraient vus élargis par la justice sous caution.
M. Camara est catégorique. Il atteste et signe par ailleurs que les cas les plus fréquents et les plus malheureux depuis plus d'une décennie c'est l'acceptation des bandits armés et vêtus de tenues militaires. Généralement mieux armés et équipés d'armes de combat.
L'on est quand même en droit de se poser la question de savoir d'où proviennent ces armes de guerre et les grosses voitures cylindrées dans lesquelles roulent les bandits?
Nous avons écroué tout récemment onze (11) grands bandits détenant sur eux neuf
(9) fusils PMAK avec des munitions et autres pistolets. Abondant dans le même sens, les Commissaires centraux des cinq Communes de Conakry, le Commandant le Brigade anti-criminalité (BAC) et celui de la Brigade de répression du grand banditisme (BRB) ont unanimement pointé du doigt le manque notoire de moyens et d'équipements de la Police, la faiblesse de l'autorité judiciaire et surtout le malentendu créé et entretenu entre les forces armées militaires et la Police.
Selon eux, l'armée ne peut et ne doit nullement se substituer à la Police Nationale. Car la sécurité et la protection civile des citoyens dans tous les pays du monde incombent à la Police et non aux militaires.
Ces officiers avertis de la Police signalent également la part active des agents recrutés non contrôlés. Ces derniers profitent de l'éternelle obscurité dans laquelle baignent les citadins pour commettre leurs forfaitures.
Tous sont unanimes que dans la sécurité d'un pays, il n'y a pas de paix encore moins de progrès de développement. Le directeur de la Sûreté Urbaine et les Commandants des unités d'intervention de la ville de Conakry suggèrent à la haute hiérarchie, le rétablissement correct et sans ambages de la confiance entre les services de l'armée et ceux de la crédibilisation des services judiciaires de l'état ; la dotation des services de Police de moyens efficaces notamment des véhicules de patrouille, des armes, des gilets et des casques de protection.
Ils recommandent par ailleurs que la tenue de la Police nationale soit dissociée de par la couleur de celle des agents de la Police communale encore appelée Police municipale.
Nous y reviendrons
Fofana Sékou Bantoun