En Guinée, la conjoncture économique au premier semestre 2008 a été marquée par une décélération de l’activité économique et une flambée des prix des produits alimentaires et énergétiques, aggravée par le retard enregistré dans la mobilisation des ressources extérieures et par les mouvements de revendication des militaires et paramilitaires. Toutefois, le retour à la stabilité sociale, conjugué au respect des engagements pris dans le cadre du programme de la facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) conclu avec le FMI, pourrait se traduire par une relance de la croissance économique.
- Secteur réel
Sur la base des estimations macroéconomiques, l’économie guinéenne enregistrerait une croissance du PIB réel de 4,5% en 2008, contre 1,8% en 2007. Soit une performance de 2,7 points en pourcentage, grâce essentiellement à la contribution des secteurs secondaires (4,8 points), tertiaire (2,9 points) et primaire (0,8 points). Cette croissance serait tirée, en grande partie, par un regain de dynamisme du secteur minier, l’essor des télécommunications et la relance de la production agricole.
En revanche, l’arrêt des activités économiques, notamment portuaires, pendant ces mouvements de revendication des militaires et paramilitaires, pourrait négativement affecter l’objectif de croissance.
- Secteur des finances publiques
Les données du premier semestre 2008, rapportées à celles de la même période de 2007, indiquent un accroissement des recettes intérieures de 34,3%(avec une augmentation de 38,5% pour le secteur non minier et de 20,7% pour le secteur minier), du fait des efforts de renforcement du contrôle fiscal et de l’incitation en faveur des investissements dans le secteur minier. Elles ont atteint GNF 1526,05 milliards (avec 1200,69 milliards pour le secteur non minier et 325,36 milliards pour le secteur minier). Sur la période, les dépenses courantes se sont accrues de 25,1% (avec une hausse de 45% pour les dépenses primaires et une baisse de 31,3% pour les intérêts dus), et ce, en raison de l’augmentation des dépenses liées au fonctionnement et à la masse salariale, contre une accumulation d’arriérés sur les intérêts dus. Ces dépenses ont été de GNF 1092,43 milliards (avec 936,61 milliards pour les dépenses primaires et 155,82 milliards pour les intérêts dus).
Sur la base des prévisions, ces recettes intérieures ont enregistré un dépassement cumulé de GNF 23,39 milliards (avec une plus-value de 26,38 milliards pour le secteur non minier et un manque à gagner de 2,99 milliards pour le secteur minier). En revanche, les dépenses courantes auraient enregistré une économie apparente de GNF 154,62 milliards (avec 75, 39 milliards pour les dépenses d’investissement sur les ressources propres, elles ont connu une expansion de GNF 29,21 milliards sur la période. Ainsi, le déficit fiscal n’a été que de 0,2% du PIB contre un objectif de 3,1% à fin juin 2008. Par contre, le solde primaire a atteint 3,8% du PIB contre une prévision de 3%, du fait de l’impact de la contraction des dépenses courantes.
- Secteur monétaire
Les données du mois de juin 2008, comparées à celles de décembre 2007, indiquent que les agrégats monétaires ont enregistré une augmentation de 23,1% de la masse monétaire, 9,6% de la base monétaire et un désendettement de 5,1%du financement des opérations budgétaires par la Banque centrale.
Sur la période, le franc guinéen s’est déprécié de 15,1% et 7,9%, pour se situer aux taux moyens mensuels de GNF 7006 et 4510 en juin 2008, face respectivement à l’euro et au dollar américain, du fait d’une insuffisance des réserves de change, conjuguée à la faible diversification des produits d’exportation. Cette situation monétaire, conjuguée à la flambée des prix des produits alimentaires et énergétiques, explique, en partie, la reprise des tensions inflationnistes. En glissement annuel, le taux d’inflation est ainsi passé de 12,9 en décembre 2007 à 24,6% en juin 2008.
- Secteur extérieur
Par rapport au premier semestre 2007, la mobilisation des dons et emprunts a enregistré une chute de 51,5% à fin juin 2008, en raison du retard enregistré dans la mobilisation des ressources extérieures. Sur la base des prévisions, ces dons et emprunts ont connu un important manque à gagner de GNF 203,14 milliards (avec des restes à recouvrer de 96,96 milliards pour les dons affectés et de 106,18 milliards au titre de l’aide budgétaire).
Sur la base des estimations de la Douane, le déficit commercial a été multiplié par environ 7, du fait notamment l’impact de la hausse vertigineuse des prix des produits alimentaires et énergétiques, conjuguée à la faiblesse du dollar américain face à l’euro. Par conséquent, le taux d’ouverture du pays au reste du monde s’est accru de 23% il y a n an, à plus de 26,3% à fin juin 2008.
Source : Ministère de L’Economie et des Finances et BCRG